Ayo nous a quitté. Souvenez-vous, vous aviez été quelques uns à vous être mobilisés pour lui financer un examen qui avait conclu à des fractures de cervicales, inopérable compte tenu du risque et de son âge.
Ayo était âgé, un galgo qui en avait vu de dures durant une longue vie.
Marité nous parle de Ayo, de celui qu'il avait du être dans sa vie antérieure et celle de ces derniers mois que l'on aurait voulu plus longue pour lui. Ayo a vécu ses derniers mois en famille en Espagne et a connu le bonheur d'être un galgo aimé et ce même s'il n'a pas été adopté.
Chers Ayo, on t'a sauvé en septembre et en très mauvais état.
Ton vieux corps endolori s'est laissé emmené par des gens qui nous avaient appelé pour te trouver une famille.
Dès le premier instant, Montse, Alex et Nico t'on offert un foyer, une famille, mille soins. Tu as eu quelques compagnons d'accueil qui s'en sont allés dans leur famille adoptive, mais toi tu es resté.
Nous sommes sûrs que tu as du être le mâle dominant d'une grande meute de galgos, car tes traits de caractère nous laissaient supposer que tu savais mener un groupe, mais ton corps n'a pas pu surmonter une vie de maltraitance.
Nous avons fait des examens, beaucoup d'examens, des traitements et des analyses, des soins mais nous n'avons pas pu t'épargner une fin annoncée, ton corps n'avait plus de force pour lutter contre l'adversité.
Aujourd'hui, je t'ai endormi pour toujours et nous restons là, avec une étrange sensation. Nous t'avons accompagné dans tes derniers mois de vie, avec cette impression de ne pas avoir pu te donner plus, nous restons avec cette sensation d'être arrivé trop tard.
Tard pour une vie qui a du être dure pour un chien et ce aussi grand et fort puisse-t-il être, nous savons que tu as reçu beaucoup de coups, beaucoup de courses de compétitions et une très mauvaise alimentation, le froid, la pluie, les blessures non soignées, tout ton corps nous a raconté la vie dure qu'a été la tienne.
Nous savions ne plus pouvoir faire davantage pour toi, mais ça nous fait enrager, nous savons que nous avons évité que tu meures seul jeté sur un terrain vague, mais ça nous fait enrager de savoir que beaucoup d'autres mourront ainsi sans qu'on les voit. Beaucoup d'autres sont en train de connaître la vie dure que tu as connu.
Et ça nous parait pas juste, pas juste que certains aient le pouvoir d'abuser d'un chien sans que personne n'en soit scandalisé. Ca ne nous parait pas juste que l'on doive rester là avec cette sensation de ne pas arriver à faire face pour sauver tant de galgos maltraités et arriver à leur donner à tous une vie qui leur permette de ne plus mourir prématurément.
Toi, tu as vécu longtemps, mais tellement mal. Et tu n'avais pratiquement plus de dents.
Ton foie était endommagé. Ta colonne vertébrale semée de tas de hernies que le TAC nous avait révélé. La seule chose que l'on pouvait faire c'était que tes derniers mois de vie soient moins durs que ne l'avait été le reste de ta vie, mais c'est peu, très peu.
Et tout ça nous rend très tristes et pleins de rage.
Pour toujours Ayo
Marité
Traduit et commenté par
M-Helene Verdier
Trésorière et co-fondatrice de GEE